Association pour la Mise en Valeur du Patrimoine du Pays de Licques

Historique de l'Abbatiale N.D de Licques

 

 

     En arrivant dans le pays de Licques, le visiteur ne peut pas manquer d’apercevoir une silhouette qui se détache dans le ciel. Il s’agit de l’abbatiale Notre-Dame. Cet imposant édifice est ce qui nous reste de l’ancienne abbaye de l’ordre des Prémontrés fondé par saint Norbert. Cette abbaye, fondée en 1132, a compté plusieurs dizaines de religieux et de frères lais qui se sont occupés à développer l’agriculture et l’élevage, notamment en introduisant dès le XVIème siècle l’élevage de la dinde qui fait encore aujourd’hui la renommée du bourg. Les chanoines de l’abbaye de Licques étaient aussi curés de campagne et ce sont eux qui desservaient entre autres, les paroisses de Licques, Bouquehault, Herbinghem, Hocquinghen et Ecottes.

     L’abbaye de Licques fut maintes fois détruite au cours de l’histoire, par les armées françaises, anglaises et espagnoles. La dernière reconstruction débuta en 1707 pour se termineren 1747, soit quarante ans pour construire environ un hectare de bâtiments. De cet ensemble il ne reste aujourd’hui que les bâtiments abritant la mairie et l’église abbatiale, le reste ayant été vendu comme bien national.

     L’édifice avait à l’origine la forme d’une croix latine de 70 mètres de long sur 25 mètres de large au transept. Dans la croisée, le clocher, dont la flèche atteignait 50 mètres de hauteur, reposait sur de forts piliers. Frappé par la foudre en 1795, il ne fut pas réparé et s’écroula avec une partie du chœur en 1805. On démolit aussitôt le transept. Il ne restait alors que la nef de 46 mètres de long, 11 mètre de large et 16.5 mètres de haut, terminée par une abside semi-circulaire.

     Un an plus tard, l’abbatiale Notre-Dame remplaçait l’ancienne église paroissiale qui se trouvait au milieu du cimetière. On perça alors une porte latérale qui permettait l’accès des paroissiens du bourg. C’est toujours par cette porte qu’on entre dans l’édifice.

     Dès le moment où on pénètre dans l’église, on est frappé à la fois par l’ampleur, la clarté et la sobriété de l’intérieur qui n’en recèle pas moins de nombreuses richesses.

     On découvre d’abord sous la tribune deux confessionnaux : celui de droite date de la fin du XIXe siècle ; celui de gauche, d’époque Louis XV, fait partie du mobilier primitif du sanctuaire. A côté, les fonts baptismaux sont formés de deux chapiteaux du XIIIe siècle posés l’un sur l’autre et surmontés d’une pierre octogonale creusée en cuvette.

     Les vitraux formés chacun de plus de 6000 pièces de verre datent également de la fin du XIXe siècle.

     En face de l’entrée se trouvait la porte qui permettait l’accès au cloître. Au dessus de cette entrée, le grand tableau représentant la Résurrection a été donné par le marquis de Calonne-Courtebourne dont le blason apparaît sur les deux panneaux funéraires installés sur les deux côtés.

     Dans la nef, on découvre,  à droite, une crucifixion de l’époque française classique, et à gauche, un triptyque représentant une descente de croix entourée d’une Vierge à l’enfant et de l’apôtre saint Jean et qui provient de l’atelier du peintre Keiser à Anvers. Ces toiles furent aussi données à l’église par le Marquis de Courtebourne à la fin du XIXe siècle. Les deux autels latéraux et leurs retables en bois vernis datent du XVIIIe siècle. A gauche, sur l’autel de N.D. de Boulogne, un reliquaire contient à la fois les reliques de saint Roch et de saint Benoît joseph Labre ; à droite, sur l’autel de saint Joseph, on trouve les reliques de sainte Ursule, patronne de l’ancienne paroisse qui existait autrefois à l’intérieur de l’abbaye. Celle-ci était destinée au personnel de l’abbaye et aux habitants du hameau du mât d’Hermelinghen qui y venaient pour y être baptisés, mariés et enterrés dans le petit cimetière qui l’entourait.

     C’est le moment d’admirer la tribune où se trouve l’orgue. Le buffet en chêne ciré orné d’anges musiciens n’est que le « positif d’un instrument  plus grand. La partie instrumentale, réalisée en 1863,  est l’œuvre du facteur Heindereich. L’instrument a été entièrement restauré en 2001 grâce à l’association des Amis de l’orgue de Licques.

   Dans le chœur, l’autel principal en marbre d’Italie  est surmonté d’un tabernacle en acajou massif ; de chaque côté, les stalles, dont les miséricordes sculptées sont toutes différentes, étaient autrefois réservées aux chanoines. ; on peut également y voir le lutrin à l’aigle doré et le chandelier portant le cierge pascal. Tout ce mobilier date du XVIIIesiècle.

    Les fresques ornant le chevet sont l’œuvre du père Frébourg, chanoine prémontré de l’abbaye de Mondaye en Normandie ; réalisées en 1958, elles représentent l’Annonciation, la Compassion de Notre-Dame et les noces de Cana.

      A noter  enfin la présence d’une armoire forte destinée à mettre en valeur les éléments d’orfèvrerie qui servaient autrefois ou servent encore aujourd’hui, dans nos églises, à l’exercice du culte.  Cette vitrine a été mise en place à l’initiative de la Communauté de Communes des Trois-Pays dans le cadre de son programme de restauration et mise en valeur du patrimoine cultuel.  Elle est financée à 50% par la communauté de communes et à 50% par le Conseil Général du Pas-de-Calais.